Le Brésil a deux règles complètement différentes pour l’Europe, selon que l’on parle de l’accord bilatéral historique avec la France ou de l’accord global avec l’Union européenne (Schengen).
Le piège des deux accords
Pendant très longtemps, la règle historique entre la France et le Brésil (accord bilatéral de 1996) permettait de faire 90 jours + 90 jours de prolongation sur place auprès de la Police Fédérale. C’est cette règle-là que j’avais en tête dans notre autre discussion.
Le problème, c’est qu’en 2012, l’Union européenne et le Brésil ont signé un nouvel accord global (l’Accord d’exemption de visa de court séjour). Cet accord européen a instauré la règle stricte des 90 jours par période de 180 jours, sans prolongation touristique possible, pour s’aligner sur ce que l’Europe impose aux Brésiliens.
Pendant des années, le flou a régné. Beaucoup d’agents de la Police Fédérale ont continué à appliquer l’ancien accord bilatéral de 1996 (qui permettait la prolongation de 90 jours pour les Français) au lieu de l’accord européen de 2012. C’est précisément pour cela que certains touristes ont pu obtenir cette prolongation au guichet : la PF appliquait l’ancien texte par habitude ou méconnaissance.
Pourquoi la donne a changé
Aujourd’hui, le ministère des Affaires étrangères brésilien (Itamaraty) et la Police Fédérale ont harmonisé leurs systèmes informatiques. Le tableau officiel des visas (le QGRV) stipule désormais clairement pour la France, la Belgique et la Suisse que c’est l’accord UE qui prévaut : 90 jours maximum par période de 180 jours, non prorogeable.
Ce qu’il faut en retenir
La Police Fédérale a longtemps accordé (et accorde encore parfois, selon l’humeur du guichet ou la ville) ces 90 jours supplémentaires aux Français en vertu des vieilles habitudes.
Pour les Suisses : C’est VRAI (historiquement). En vertu de l’accord bilatéral spécifique entre la Suisse et le Brésil, les citoyens suisses bénéficient d’une exemption de visa de 90 jours par période de 180 jours, mais sans possibilité de prolongation sur place pour un séjour touristique.
Cependant, sur le plan strictement légal et informatique en 2026, le système bloque de plus en plus ces demandes car la règle officielle est devenue celle de la non-prolongation. Vous avez pu en bénéficier par le passé grâce à cette tolérance administrative, mais c’est un droit qui ne figure plus dans les textes officiels pour l’espace Schengen.
A propos des périodes glissantes.
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Affirmation : « Les semestres n’ont rien de glissants […], il dépend de votre première entrée au Brésil depuis la nouvelle législation de 2017. »
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FAUX. La loi de 2017 et le décret d’application de 2018 ont précisément harmonisé le calcul pour introduire la notion de période glissante (período migratório móvel). Le système de la Polícia Federal calcule désormais la présence sur les 180 derniers jours en arrière à partir de la date du contrôle. -
Affirmation : « Dans mon cas, mes semestres débutent le 16.06 […] C’est la date qui est toujours dans le système à ce jour alors que je viens 1 à 2 fois par an… »
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EXPLICATION (Effet d’aubaine ou ancien système). Si le système de la PF affiche toujours une date fixe pour ce voyageur, c’est soit parce qu’il bénéficie d’un ancien traitement de données non mis à jour par un agent, soit (plus probablement) parce que son rythme de voyage (1 à 2 courts séjours par an) ne s’est jamais approché de la limite critique des 90 jours. En pratique, s’il tentait de rester 90 jours en continu, de sortir 2 jours et de revenir, la règle des 180 jours glissants lui serait immédiatement opposée. Le cas personnel de ce commentateur ne fait pas force de loi. -
Affirmation : « Au mieux, les 60 jours de grâce pour régularisation après être passé à la PF et payé votre amende… »
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FAUX. Il n’existe pas de « 60 jours de grâce » automatiques accordés après avoir payé une amende pour dépassement de séjour. La PF ordonne généralement de quitter le territoire sous un délai court (souvent 7 à 15 jours) sous peine d’expulsion.