Situation alimentaire au Brésil entre début 2022 et fin 2025: une amélioration spectaculaire

L’analyse de la situation alimentaire au Brésil entre début 2022 et fin 2025 révèle une amélioration spectaculaire. Le pays est passé d’une crise humanitaire majeure à une sortie officielle de la « Carte de la Faim » des Nations Unies.

Voici une analyse détaillée de cette évolution, appuyée par les chiffres officiels de la FAO (ONU) et de l’IBGE (institut statistique brésilien).

1. 2022 : Le point critique

En 2022, le Brésil traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente en matière de sécurité alimentaire. Les conséquences de la pandémie de COVID-19, couplées à l’inflation des prix alimentaires et à l’affaiblissement des politiques sociales, avaient plongé le pays dans la précarité.

  • Le chiffre choc : 33,1 millions de Brésiliens souffraient de faim sévère (insécurité alimentaire grave).
  • Insécurité globale : Plus de la moitié de la population (58,7 %) subissait un certain niveau d’insécurité alimentaire (légère, modérée ou grave).

2. 2023-2024 : Le tournant politique et économique

À partir de 2023, la relance de programmes sociaux massifs comme le Bolsa Família (avec des compléments pour les enfants) et le plan Brasil sem Fome (Brésil sans Faim) a inversé la courbe de manière accélérée.

  • Sortie de la faim : Entre 2022 et fin 2024, environ 26,5 millions de personnes sont sorties de la situation de faim.
  • Baisse de l’insécurité grave : Le taux de foyers en insécurité alimentaire grave est tombé de 15,5 % en 2022 à environ 3,2 % fin 2024.
  • Inflation maîtrisée : En 2025, l’inflation alimentaire a été stabilisée (environ 2,67 % sur les trois premiers trimestres), rendant les produits de base comme le riz et les haricots à nouveau accessibles.

[Image de l’évolution de l’insécurité alimentaire au Brésil entre 2022 et 2025]

3. Fin 2025 : Un retour aux standards historiques

Le bilan à la fin de l’année 2025 est historique : le Brésil a officiellement quitté la Carte de la Faim de la FAO. Pour sortir de cette liste, un pays doit maintenir son taux de sous-alimentation sous le seuil de 2,5 % sur une moyenne de trois ans.

Tableau comparatif de la situation (2022 vs 2025)

Indicateur Situation en 2022 Situation fin 2025 Tendance
Nombre de personnes en faim sévère ~33,1 millions < 6,5 millions :chart_decreasing: Forte baisse
Statut ONU Sur la Carte de la Faim Sortie de la Carte :white_check_mark: Amélioration
Sécurité alimentaire totale 41,3 % des foyers ~75,8 % des foyers :chart_increasing: Forte hausse
Inclusion sociale (Bolsa Família) Programme affaibli Restructuré et élargi :hammer_and_wrench: Renforcement

Ce qu’il reste à accomplir

Bien que les Brésiliens soient globalement beaucoup mieux nourris qu’en 2022, des défis persistent :

  1. L’insécurité « légère » : Environ 54 millions de Brésiliens craignent encore de manquer de nourriture à l’avenir ou sacrifient la qualité nutritionnelle pour la quantité.
  2. La qualité nutritionnelle : On observe une augmentation de la consommation de produits ultra-transformés, moins chers, ce qui déplace le problème vers des enjeux de santé publique comme l’obésité et le diabète.
  3. Inégalités régionales : Le Nord et le Nord-Est restent plus vulnérables que le Sud du pays.

En résumé : Oui, la situation a progressé de manière exceptionnelle. En trois ans, le pays a réussi à corriger une trajectoire qui semblait pourtant durablement dégradée.

Voici les sources officielles, les rapports clés et les liens directs vers les données mentionnées pour la période 2022-2025.

1. La situation en 2022 : Le rapport « Olhe para a Fome »

Le chiffre de 33,1 millions de personnes en situation de faim en 2022 provient du 2ème Rapport National sur l’Insécurité Alimentaire dans le Contexte de la Pandémie de COVID-19 au Brésil, réalisé par le réseau PENSSAN (Réseau brésilien de recherche sur la souveraineté et la sécurité alimentaire).

  • Organisme : Rede PENSSAN (en collaboration avec Oxfam et d’autres ONG).
  • Donnée clé : 15,5 % des foyers en insécurité alimentaire grave.
  • Lien direct : olheparaafome.com.br

2. Le suivi annuel 2023-2024 : L’IBGE (PNAD Contínua)

L’IBGE (Institut Brésilien de Géographie et de Statistique) publie désormais des modules spécifiques sur la sécurité alimentaire au sein de sa grande enquête nationale par échantillon de ménages (PNAD Contínua). Les résultats publiés fin 2024 et 2025 confirment la chute de l’insécurité alimentaire.

  • Organisme : IBGE (Gouvernement fédéral du Brésil).

  • Rapport : PNAD Contínua: Segurança Alimentar.

  • Données clés :

  • Fin 2023 : La sécurité alimentaire remonte à 72,4 % des foyers.

  • Octobre 2025 : L’IBGE annonce que l’insécurité grave est tombée à 3,2 % des foyers en 2024 (le niveau le plus bas de la série historique).

  • Lien direct (Communiqué officiel d’octobre 2025) : Agência de Notícias IBGE - Sécurité Alimentaire 2024

3. La sortie de la « Carte de la Faim » : Rapport SOFI de la FAO

Le rapport de référence mondial est le SOFI (The State of Food Security and Nutrition in the World), publié conjointement par la FAO, le FIDA, l’UNICEF, le PAM et l’OMS.

  • Organisme : FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).
  • Rapport : SOFI 2025 (publié en juillet 2025).
  • Donnée clé : Le Brésil est officiellement retiré de la « Carte de la Faim » car sa moyenne triennale (2022-2024) de sous-alimentation est descendue sous le seuil de 2,5 %.
  • Lien direct (Portail FAO) : fao.org/publications/sofi
  • Lien ONU Brésil (Article dédié) : brasil.un.org - Le Brésil sort de la Carte de la Faim

Synthèse des chiffres à l’appui

Année / Source Indicateur de Faim Grave (Sévère) Statut de Sécurité Alimentaire
2022 (PENSSAN) 33,1 millions de personnes (15,5 %) 41,3 % de la population
2023 (IBGE) ~8,7 millions de personnes (4,1 %) 72,4 % de la population
Fin 2025 (IBGE/FAO) ~6,5 millions de personnes (3,2 %) 75,8 % de la population

Note méthodologique : Les chiffres de l’IBGE et de la FAO diffèrent légèrement car ils n’utilisent pas la même échelle. L’IBGE utilise l’échelle EBIA (perception et vécu de la faim dans le foyer), tandis que la FAO utilise le PoU (Prevalence of Undernourishment), basé sur l’apport calorique. Cependant, les deux confirment la même tendance de réduction massive sur la période 2022-2025.