Petrobras : à nouveau la menace du populisme

Au fil des derniers mois, la politique économique menée par le Président brésilien a été de plus en plus marquée par un populisme caractérisé. Cela est vrai en matière de gestion des comptes publics. Cela est désormais évident en ce qui concerne les rapports entre l’Etat fédéral et grandes entreprises qu’il contrôle. En février dernier, Jair Bolsonaro a clairement montré que ces firmes ne disposaient pas d’une véritable autonomie de gestion. En remettant en cause la politique de prix de Petrobras et en renvoyant brutalement le CEO en place depuis début 2019, le Président fragilise la compagnie et la filière nationale du pétrole dont elle est l’acteur central. Les quatre articles de cette série sont consacrés à évaluer les risques auxquels le populisme de Bolsonaro expose une filière majeure de l’économie brésilienne. Après une introduction, on évoquera la situation de Petrobras à la veille de l’investiture du Président (janvier 2019). Un troisième article sera consacré à la formation des prix des carburants, la hausse récente ayant été le prétexte choisi par le chef de l’Etat pour justifier son interférence désastreuse dans la gouvernance de la compagnie nationale. Enfin, un dernier article évoquera précisément les contraintes nouvelles que le Président populiste impose à Petrobras et à la filière brésilienne du pétrole.

Article de Jean-Yves Carfantan à lire sur sur Istoé

Tous les articles de Jean-Yves Carfantan

Tous les articles sur ce site sur Petrobras

le populisme est un mot-valise.
jamais explicite, toujours vague.

L’auteur en donne une description très claire dans son article:

Le bien public, l’intérêt collectif sont souvent oubliés par les élus de la nation qui se placent au service des groupes de pression les plus « généreux ». Jair Bolsonaro a toujours appartenu à cette catégorie de parlementaires soucieux de préserver un Etat corporatiste et clientéliste. Au cours de ses sept mandats, il a défendu les intérêts du monde militaire et des fonctionnaires en général. Dans les années quatre-vingt-dix, il a voté contre la fin du monopole de la compagnie pétrolière Petrobras et contre les privatisations d’entreprises publiques engagées sous les Admi-nistrations Collor (1990-1992), Itamar Franco (1992-1994) et F.H. Cardoso (1995-2002). Il a joint son vote aux voix des parlementaires du Parti des Travailleurs de Lula pour refuser le Plan Real de lutte contre l’inflation (1994). Il s’est prononcé contre toutes les réformes de modernisation de l’Etat et d’ajustements des systèmes de retraites. En 2018, alors can-didat à la Présidence, il a réussi à faire oublier qu’il était l’exemple type de parlementaire clientéliste et défenseur des intérêts corporatistes.

2021-03-17T23:00:00Z

Le deuxième article de Jean-Yves Carfantan:

Retour en 2017. Le Brésil peine alors à sortir d’une crise économique, financière et poli-tique. Le gouvernement intérimaire de Michel Temer tente de relancer l’économie après deux années de récession. Il cherche à tirer le meilleur parti possible des ressources pétrolières. Le scandale de Petrobras découvert en 2014 a éclaboussé une bonne partie de la classe politique. Il a entraîné la condamnation par la Justice de l’ancien Président Lula. Dans ce contexte, le secteur pétrolier a du mal à repartir. L’espoir du gouvernement est alors d’attirer les investisseurs étrangers, notamment les firmes européennes, qui pourraient être intéressées par l’exploitation de champs pétroliers au Brésil. Le pays en-gage donc une nouvelle stratégie qui rompt avec la politique nationaliste et interven-tionniste qui a prévalu sous les gouvernements Lula (2003-2010) et Dilma Rousseff (2011-2016).

Voir l’article

2021-03-21T23:00:00Z

Le troisième article de Jean-Yves Carfantan:

En quinze ans, entre 2005 et 2020, la production brésilienne de pétrole brut est passée de 1,63 à 2,95 millions de barils/jour, soit un bond de 80,9%. Le Brésil est en ce début de décennie le premier pays producteur de pétrole du monde latino-américain devant le Venezuela (dont la production a plongé depuis 2010) et le Mexique. Depuis 2008, le pays produit plus de pétrole qu’il n’en consomme. L’autosuffisance a été atteinte grâce à la mise en exploitation des gisements dits du Pre-Sal, au large des côtes du Sud-Est. Cela peut sembler paradoxal : alors que les exportations sont de plus en plus importantes, le pays continue à importer des volumes significatifs de pétrole brut. En 2020, les livraisons sur le marché international ont atteint en moyenne 1,37 million de barils/jour. Elles ont été destinées principalement à la Chine. La même année, les importations ont été en moyenne de 0,13 million de barils/jour. (en baisse suite à la crise sanitaire). Elles prove-naient principalement de pays d’Afrique et du Proche-Orient. Le Brésil est aussi un importateur de dérivés du pétrole. C’est le cas de l’essence (la production nationale ne couvre pas la demande) et surtout du diesel (autosuffisance inférieure à 75%).

Voir l’article

2021-04-11T22:00:00Z

Le quatrième article de Jean-Yves Carfantan:

source