Lula vient tout juste de lancer Tela Brasil

C’est officiel. Le président Lula, aux côtés de la ministre de la Culture Margareth Menezes, vient tout juste de lancer Tela Brasil, la toute première plateforme publique et entièrement gratuite de streaming audiovisuel du pays.

L’annonce a eu lieu lors de l’événement Rio2C à la Cidade das Artes, à Rio de Janeiro. L’objectif affiché par le gouvernement est clair : démocratiser l’accès à la culture nationale et renforcer ce qu’ils appellent la « souveraineté narrative » face aux géants du streaming privés et aux productions internationales.

Voici ce qu’il faut retenir de ce nouveau service public :

Le catalogue de lancement

Développée grâce à un investissement de 9 millions de réais (entre 2024 et 2025) et en partenariat technologique avec l’Université Fédérale d’Alagoas (UFAL), la plateforme démarre avec un acervo (fonds de catalogue) de 555 œuvres brésiliennes, couvrant une période allant de 1910 à 2025. Le catalogue initial se répartit ainsi :

  • 267 courts-métrages (mettant en avant le cinéma indépendant et les nouveaux réalisateurs)
  • 139 longs-métrages
  • 85 moyens-métrages et téléfilms
  • 64 séries

Un partenariat majeur avec l’EBC

Grâce à un accord avec l’EBC (Empresa Brasil de Comunicação), la programmation de la TV Brasil ainsi que les archives de la communication publique vont être progressivement intégrées. L’objectif est de doubler rapidement le catalogue pour atteindre près de 1 000 œuvres d’ici la fin de l’année, ajoutant plus de 3 000 heures de contenu.

Comment y accéder ?

La plateforme est accessible en ligne à l’adresse officielle : telabrasil.cultura.gov.br. Pour visionner les contenus, les utilisateurs doivent simplement se connecter à l’aide de leurs identifiants uniques du système national gov.br.

1 Like

Vous ne trouverez pas sur Tela Brasil de contenus faisant l’apologie ou la promotion des régimes autoritaires brésiliens, qu’il s’agisse de l’Estado Novo de Getúlio Vargas ou de la dictature militaire (1964-1985).

La plateforme se positionne précisément à l’opposé. Les œuvres qui abordent ces périodes le font sous l’angle de la mémoire, de la résistance et de la critique de l’oppression. C’est le cas de films phares du catalogue de lancement comme O Que É Isso, Companheiro ? — qui plonge au cœur de la lutte armée contre le régime militaire — ou des documentaires historiques comme Jango.

Il y a cependant une nuance de conservateur de musée à apporter : le catalogue intègre des fonds de la Cinemateca Brasileira et remonte jusqu’à 1910. Si des actualités cinématographiques ou des documentaires officiels produits pendant les dictatures y sont intégrés, ils le seront uniquement comme objets d’étude et archives historiques.

Le ministère de la Culture utilise ce catalogue pour construire un récit historique axé sur les droits de l’homme. Les films d’époque y servent donc de témoins du passé, pas d’outils de propagande.

En clair, l’ambition de la plateforme est de célébrer la démocratie et la diversité. Tout contenu qui chercherait à réhabiliter ou à promouvoir activement ces régimes en est, par définition, exclu.

1 Like