Le journalisme sous Bolsonaro

Je suis journaliste, avec 35 ans de carrière, et professeur d’université à Porto Alegre, au Brésil. On m’a mis à la porte, le 3 janvier 2022, du journal où je travaillais. Un cadeau anticipé, 26 jours avant mon anniversaire de 60 ans. Depuis 14 ans je signais une chronique tous les jours au Correio do Povo (« Le Courrier du Peuple »), journal créé en 1895. J’étais considéré comme le principal commentateur local de l’actualité de ce quotidien. En 2007, ce groupe (rassemblant le Correio do Povo, la radio et la chaine de télévision Guaíba) a été racheté par le Grupo Record, appartenant à l’Église universelle du Royaume de Dieu, qui se dispute avec le Grupo Folha la deuxième place des plus grands puissances médiatiques nationales après le mastodonte Grupo Globo.