2026-10-28T03:00:00Z
Voici la traduction française de la lettre qu’il vient de publier sur son compte X:
Je m’adresse au peuple brésilien et à la communauté internationale en tant que véritable
président du Brésil.
Nota: l’image ci-dessus n’est pas une photographie réelle de Flavio Bolsonaro, c’est une image d’illustration générée par IA
Avant toute chose, je tiens à remercier le président Milei pour son courage, son sens de
la justice et du respect de la légalité, ainsi que le président Trump et le merveilleux
peuple américain de m’avoir accueilli. C’est une terre de libertés et de frères qui
partagent les mêmes valeurs que les gens de bien de mon pays. Le président Trump est
un grand défenseur de la liberté d’expression.
Dimanche soir, j’ai vu avec consternation une fraude électorale se concrétiser sous mes
yeux. L’intervention illégitime et illégale de l’ancien avocat de Lula a permis qu’une
impossibilité mathématique se réalise et que Lula gagne plus de 10 millions de voix
entre le premier et le second tour. Une décision de la Cour suprême fédérale (STF), prise
en outrepassant les compétences du Tribunal supérieur électoral (TSE), a prolongé le
scrutin à la dernière minute, et l’ordre n’est parvenu qu’après la fin de l’horaire légal,
alors que les bureaux de vote étaient déjà fermés. Les électeurs ont été soumis à des
règles différentes. Jusqu’à présent, le TSE s’est contenté de défendre la prolongation des
heures d’ouverture et n’a pas fourni la moindre réponse crédible. Et les annulations ne
sont pas le seul problème. Tout au long de la campagne, il y a eu abus de pouvoir
politique et économique, ainsi qu’utilisation de l’appareil d’État en faveur de la réélection.
Ce sont là des faits graves, expressément interdits par la loi, qui justifient l’annulation du
ticket Lula-Alckmin.
La réponse du régime à ma remise en cause ne s’est pas fait attendre. Comme si cela
avait été planifié à l’avance, sept minutes après cette fraude électorale répugnante, le
juge, impliqué dans un immense scandale de corruption, directement cité dans l’enquête
qu’il a utilisée pour tenter de saisir mes passeports, et qui serait très probablement en
prison s’ils n’avaient pas empêché ma prise de fonction, a mis en marche la machine de
persécution politique du régime. Étant inhabilité d’emblée et totalement inapte à
engager une quelconque procédure judiciaire à mon encontre, sa simple participation à
des actes de procédure montre l’ampleur de l’arbitraire et de l’illégalité en cours.
Je n’avais pas l’intention de quitter ma patrie, mais je sais exactement où cela va mener.
C’est le scénario classique de tout coup d’État. La persécution politique qui a commencé
avec mon père, l’ancien président Jair Bolsonaro, et s’est étendue à des milliers d’autres
patriotes brésiliens ordinaires, voire à des citoyens américains, n’a qu’un seul objectif :
réduire au silence toute personne qui n’est pas d’accord avec le régime d’exception
instauré au Brésil, par le biais d’une Cour suprême infiltrée par l’organisation criminelle
du PT.
Pour être clair, il n’existe aucun mandat d’arrêt à mon encontre, car je n’ai commis aucun
crime. Ce qui existe, c’est une chasse aux sorcières à motivation politique, qui visait à
faire de moi un otage et un objet de chantage afin de protéger les juges corrompus de la
Cour suprême contre la procédure de destitution. Voici le scénario de cette persécution : saisie du passeport, bracelet électronique, censure, assignation à résidence, procès de façade et, enfin, condamnation politique.
Je ne soumettrai pas ma famille à cela et mon pays ne mérite pas de subir à nouveau cet
affront international. Face à l’instrumentalisation politique de la justice au Brésil, j’ai
emmené ma famille aux États-Unis, où nous sommes en sécurité. Je remercie, une fois de
plus, le président Trump et le gouvernement américain de nous accueillir et de nous offrir
la sécurité juridique dont nous ne disposons plus au Brésil.
Je tiens à être clair : je ne me suis pas enfui du Brésil, je suis parti pour le bien du Brésil, j’ai
quitté un régime d’exception afin de pouvoir être le dirigeant que mon peuple mérite, car
réduit au silence, emprisonné et censuré, comme l’est mon père, je ne pourrais pas
assumer ce rôle de dirigeant et nous serions livrés au théâtre institutionnel d’une
opposition castrée et contrôlée par la Cour suprême, remplie de serviteurs du régime.
Je ne suis pas le premier à devoir lutter pour mon propre pays loin de chez moi. Rui
Barbosa s’est exilé pour s’être opposé à l’arbitraire de Floriano Peixoto et, de là, il a
continué à défendre la loi et la liberté. Charles de Gaulle a dirigé la France libre depuis
Londres, condamné à mort par le régime de Vichy, et il est revenu pour libérer son pays.
José Martí a organisé la lutte pour l’indépendance de Cuba depuis New York. Au Venezuela,
Juan Guaidó et Edmundo González ont dû quitter le pays pour s’être opposés à la dictature
chaviste, et María Corina Machado, bien que persécutée, a refusé de légitimer la fraude et
est devenue un symbole mondial de la résistance démocratique. Tous ont été traités
comme des criminels par les régimes auxquels ils faisaient face. L’histoire leur a donné un
autre nom.
Ce n’est que le début de notre lutte pour la démocratie, les droits de l’homme et la liberté
au Brésil. Je tiens à dire, non seulement à mes 60 millions d’électeurs, mais aussi au peuple
brésilien, que je suis le président élu et que les criminels qui ont volé l’élection au Brésil
font partie d’une organisation criminelle qui a instauré une tyrannie. Vous qui aspiriez
au changement, je ne vous abandonnerai pas ; je serai la voix et le leader libre de
notre nation.
Aux institutions brésiliennes, je lance un appel : il faut mettre fin à cette absurdité. Le Brésil
vit aujourd’hui dans un chaos juridique, marqué par la corruption et la persécution
politique, où l’opposition a peur de s’exprimer et où la famille d’un ancien président est
traitée comme une ennemie de l’État. Aucune nation ne peut vivre en paix ni prospérer
dans de telles conditions. Il est encore temps de rétablir l’équilibre entre les pouvoirs et de
redonner aux Brésiliens la confiance qu’ils ont perdue.
À la communauté internationale, je demande : ne normalisez pas ce qui se passe au
Brésil. Ce qui se passe aujourd’hui dans mon pays n’est pas normal et ne peut être traité
comme tel.
Aux sénateurs, députés et gouverneurs que j’ai aidés à faire élire, et en particulier à mon
candidat à la présidence du Sénat, Rogério Marinho : je sais qu’aujourd’hui, vous ne
disposez pas de la liberté nécessaire pour exercer pleinement votre activité politique. C’est
pourquoi je mènerai l’opposition d’ici. Je dirai ce que vous, là-bas, ne pouvez pas dire, et
j’assumerai les risques que vous ne pouvez pas prendre.
Et à vous qui avez voté pour moi et qui rêvez de changement : nous ne sommes pas
vaincus et nous ne sommes pas seuls. Ce n’est que le début de notre combat pour la
démocratie, pour les droits de l’homme et pour la liberté au Brésil. Dans les prochains jours, je m’adresserai régulièrement au peuple brésilien, et nous présenterons une stratégie visant à mobiliser l’opposition et l’immense soutien populaire dont nous disposons, par tous les moyens pacifiques et légitimes, afin d’empêcher Lula de
consolider un régime dictatorial au Brésil. Je demande à chacun de rester ferme et de ne jamais
baisser les bras.
J’ai quitté le Brésil, mais je n’ai pas abandonné les Brésiliens. Ce combat ne s’est pas achevé le 25 octobre. Il ne prendra fin que lorsque le Brésil redeviendra un pays libre. Et ce jour viendra.
Que Dieu bénisse le Brésil.
Flávio Bolsonaro
